Témoignage de Dorothée à Radhadesh Belgique 2010

J'ai participé pour la première fois au Yagna de 7 jours organisé en Belgique par Marie et Dominique, et conduit par Swami Ajay. Je ne suis jamais allée en Inde dans cette vie et n'avais jamais rencontré Swami Ajay auparavant. Lorsqu'une amie m'a proposé de participer à cette cérémonie, je n'ai pas hésité une seconde. C'était en effet l'occasion pour moi de rencontrer d'autres dévots de Sai Baba, mais surtout je sentais au plus profond de moi que tout ce travail allait m'apporter beaucoup, et que Sai Baba m'y attendait. Je ne suis pas venue pour faire du tourisme, mais pour continuer à travailler sur moi et à mieux me connaître. Participer à ce Yagna était aussi l'occasion pour moi d'approfondir la connaissance de la religion et de la culture indiennes.

Cette semaine a été très intense et riche en découvertes. J'ai énormément apprécié l'écoute et l'entraide qu'il y avait parmi nous, ainsi que le travail considérable fait par toute l'équipe d'organisateurs. Même si nous n'étions pas à Puttaparthi, je sentais l'omniprésence de Bhagavan Baba, qui se manifestait à chaque fois que j'avais besoin d'aide. En effet, je précise que je me déplace en fauteuil roulant manuel et avec des cannes. La propriété dans laquelle nous avons fait le Yagna est magnifique, dans la campagne, et nous avons reçu un accueil très chaleureux de la part de leurs occupants. Cependant, la maison d'hôtes dans laquelle nous logions a des marches devant la porte d'entrée, et tous les chemins de la propriété sont recouverts de graviers, dans lesquels mon fauteuil s'enlise. Cela ne m'a pas posé plus de problèmes, car à chaque fois que j'avais besoin de me déplacer d'un point à un autre et que je n'y parvenais pas seule, la plupart du temps je n'avais même pas besoin de demander, car une ou deux personnes se présentaient spontanément à moi, prêtes à m'aider.

Il y avait 2 sessions de Yagna par jour, une le matin et une autre l'après-midi, chacune suivie par un Enseignement des Valeurs Humaines. Swami Ajay nous a bien expliqué que le déroulement d'un Yagna change toujours en fonction du lieu où il est pratiqué, des personnes qui y participent, des conditions météo, etc. Ainsi, le Yagna organisé en Belgique est totalement différent de ceux qui se pratiquent à l'île Maurice et de ceux qui se pratiquent en Inde. Swami Ajay prend son travail très à cœur, il était vraiment attentif à ce que nous comprenions bien la signification des ingrédients utilisés et des principaux mantras, et que nous suivions bien le déroulement de la cérémonie. Il nous encourageait toujours à faire notre travail, c'est-à-dire développer nos qualités et accepter tous les problèmes qui nous arrivent, car ils sont des outils qui nous permettent d'évoluer. Lorsqu'ils sont trop lourds à porter, nous pouvons demander de l'aide à Sai Baba par la prière, la méditation, et le chant des Bhajans. Swami nous rappela plusieurs fois l'importance d'être heureux et de rayonner la joie : « Si vous êtes heureux, je suis heureux. »

Il nous a dit en effet qu'il ressentait nos souffrances et qu'il les partageait, en quelque sorte. Je l'ai vu lors des deuxième, troisième et quatrième jours du Yagna devenir de plus en plus fatigué physiquement: son visage avait les traits tirés, j'avais l'impression qu'il avait absorbé beaucoup de nos souffrances. Cependant, il avait toujours à cœur de nous rendre heureux et ne refusait jamais lorsque des gens venaient pour lui parler, souvent jusque tard dans la nuit.

J'ai moi-même vécu des moments difficiles pendant le Yagna, dans lesquels j'étais confrontée à des situations douloureuses, comme celles que j'ai vécues jusqu'à présent dans ma vie. Lorsque je traversais ces moments douloureux, je les remettais dans le feu en essayant toujours de garder des pensées et des affirmations positives, et de donner le meilleur de moi-même. Je demandai de l'aide pour les dépasser afin de pouvoir passer à une autre étape. Le travail était très intense pour moi le mardi et le mercredi, au point que je suis restée me reposer dans ma chambre le mercredi après-midi tant j'étais fatiguée.

Le jeudi après-midi, nous avons eu l'honneur de faire un Laksharchana avec Mr. Vadgama, qui a connu le Dr. Gadhia. Mr. Vadgama est un homme très humble avec le cœur sur la main, d'une grande bonté et douceur.

 

Le jeudi soir, pendant la séance de Bhajans, je remarque au bout de quelques minutes que Swami Ajay commence à se sentir mal. Ça ne fait qu'empirer, et Dominique s'approche de lui avec un verre d'eau et commence à lui masser le dos. Swami Ajay finit par se tenir le ventre et se tord de douleur sur son harmonium. Dominique lui masse le dos avec beaucoup de douceur, je sens une grande complicité et une grande affection entre les 2 hommes. On dirait presque 2 frères. Dominique fait tout ce qu'il peut pour soulager Swami Ajay et a le regard plein de compassion. Je ressens la douleur de Swami dans mon ventre et me cramponne l'estomac.

J'ai les yeux rivés sur Swami Ajay, et je me dis que finalement, puisque l'événement est en train de se produire et que je suis là, autant que je me rapproche le plus possible pour voir de près ce qui se passe. Mais en même temps, j'ai honte parce que je me dis que ce comportement est comme si j'étais devant une bête de cirque, or j'ai beaucoup de respect pour Swami. Je descends donc de ma chaise et m'avance à 4 pattes devant mes 3 amies Marie-Josèphe, Séverine et Régine. Il y a bien encore 3 m avant le tapis qui sépare les 2 côtés de la salle. Je pourrais donc m'approcher jusqu'en limite mais je n'ose pas et quelque chose me bloque à leur niveau.

Soudain Swami Ajay se redresse, et un Lingam puis un jet de liquide blanc (de salive ?) jaillissent de sa bouche et tombent devant lui, sur son harmonium. Aussitôt, les hommes entonnent le Lingastakam. Dominique prend le Lingam avec précaution dans sa main qu'il a entourée d'une serviette, et le met dans une bassine d'eau. Je le vois parler avec Swami Ajay pendant un moment, puis ils me regardent tous les deux... Dominique se lève, et vient s'agenouiller devant moi avec la bassine dans les mains. Jusqu'au dernier moment, je ne crois pas que ce Lingam est pour moi. Je le regarde dans la bassine, il est tout blanc et brillant dans l'eau, on dirait un petit œuf de lait. Je vois qu'il est né avec 2 entailles et quelques veines un peu jaunes, très fines... Au bout d'un moment, je finis par le prendre. Je le regarde dans ma main, il est vraiment d'une blancheur de lait, d'une pureté immaculée.

Ainsi la parole de Baba se réalise. Ce n'était donc pas mon mental qui délirait lorsque j'ai entendu, le 31 août 2009: « Toi aussi tu vas recevoir un Lingam. » Ce jour-là, Marie-Josèphe, Marie et Dominique et moi étions chez Régine pour l’Abishekam sur le Shiva Lingam de la France. J’ai entendu ce message au moment où Marie-Josèphe m’a prêté son Lingam.

Je demande intérieurement à Baba pourquoi Il m'a offert ce Lingam. Il m’explique, dans ma conscience, que ce Lingam représente la pureté originelle de mon Être, il est ce que je suis réellement, il est ma vraie Beauté. Or, avant de venir au Yagna, j'avais demandé à Sai Baba qu’Il m'aide à la découvrir. C'est Son don d'Amour pour moi. Il a entendu ma détresse d'hier et ce Lingam est là également pour me rappeler que Sai Baba est toujours avec moi, Il m'accompagne toujours même si moi je l'oublie. Le Lingam est un être vivant, et entre le moment où j'ai entendu que j'allais le recevoir et aujourd'hui, il s'est écoulé exactement 9 mois, comme pour la naissance d'un enfant. D'apparence, il peut sembler comme une pierre, mais Sai Baba précise qu'il est bien un être vivant. Baba me le confie aussi parce qu'il va m'aider à ne plus me laisser envahir par la dépression ou les crises d'angoisse, il m’aidera à mieux contrôler mes pensées. Car si j'ai des mauvaises pensées, je pollue le Lingam. Sai Baba me précise que ce Lingam est pour aider le processus de ma guérison, sur tous les plans de mon être.

Les Bhajans reprennent. Je regarde Swami Ajay: il a vraiment l'air fatigué, mais il me regarde en souriant, avec beaucoup de tendresse. Alors Marie-Josèphe, Régine, Séverine et un couple d'amis se mettent à chanter « Hevenou Shalom Halechem » et un autre chant en français dont une strophe dit: « Allez viens, suis-Moi sur les chemins de la Vie / Allez viens, suis-Moi, Je te prendrai par la main... » C'est incroyable! C'est exactement ce que j'avais besoin d'entendre et c'est la conclusion de tout ce que j'ai vécu les semaines passées! Je comprends que mon malaise et ma fatigue des jours précédents, qui d'ailleurs étaient similaires à l'état de fatigue que je percevais chez Swami Ajay ces mêmes jours, étaient en fait des choses qui avaient besoin d'être évacuées afin que je puisse recevoir le Lingam. Sai Baba m'offre le Lingam pour me dire que je ne suis pas seule et que je n'ai rien à craindre avec Lui, Il me prendra toujours la main dans les passages difficiles. Il m’annonce Sa Paix, Il m’appelle à la Vie !

Le summum de la soirée est ensuite que 2 Seva Dal nous offrent à chacun une petite cuillerée d'Amrita matérialisée par Swami Ajay aujourd'hui. Cette Amrita est très bonne, elle a la texture et le goût d'un miel épicé, un peu comme du pain d'épices dont elle a d'ailleurs la couleur. C'est un délice! Dominique me dit un peu plus tard que Swami Ajay en avait matérialisé très peu, il n'y en avait pas assez pour tout le monde. Mais Sai Baba en a démultiplié la quantité pendant les Bhajans...

 

Le jour suivant, je souhaitais remercier Swami Ajay pour son travail dévoué, pour le cadeau que j'ai reçu par son intermédiaire. Mais il m'a répondu que c'était normal, qu'il ne faisait que son travail. Il est d'une très grande humilité, et d'un dévouement total pour Sai Baba. Il dit lui-même qu'il n'est encore qu'un homme, « très méchant à l'intérieur ». Bien sûr, il n'est pas encore un Avatar comme Sai Baba, il est encore en chemin et en perfectionnement comme nous. Il est conscient de ses défauts et de ses faiblesses, et j'espère aussi, de ses qualités. Cependant il est déjà très avancé sur le chemin et est un exemple pour nous tous. Si nous étions tous comme lui, le monde irait beaucoup mieux. Swami Ajay dit qu'il est « méchant à l'intérieur », mais ça serait bien de rencontrer des gens comme lui tous les jours !! Il a développé une proximité et un amour avec Sai Baba qui m'a beaucoup touché. Lorsqu'il chante des Bhajans, on voit qu'il est en communion avec Lui, c'est un moment très particulier. L'amour qu'il y a entre lui et Sai Baba rejaillit ensuite sur nous tous. Swami Ajay s'est montré en effet d'une grande douceur avec nous, tout en sachant aussi nous reprendre énergiquement quand il y en avait besoin.

Pour conclure, je tiens à redire ici une chose qui me tient à cœur: Swami Ajay aurait très bien pu refuser l'appel de Sai Baba, il aurait très bien pu refuser de se mettre à Son service. Or il l'a accepté, il a accepté d'être Son intermédiaire, Son Serviteur, pour nous aider à grandir en sagesse, en amour et en harmonie. C'est une mission très difficile, qui dure 24 heures sur 24 et demande beaucoup de courage. Donc, Swami Ajay, mon grand frère, je te remercie beaucoup et je prie Sai Baba qu'Il te comble de toutes Ses grâces de tout Son amour, pour t'aider à continuer ton travail.

Quant au Lingam, je Le porte toujours sur moi et apprécie beaucoup Sa présence. Lorsque par exemple j'ai une émotion que je n'arrive pas à exprimer et qui me reste dans la gorge, je Le passe délicatement dessus en massant. Je sens alors qu'Il absorbe toute cette énergie négative et la fait ressortir dans ma main, qui devient pleine de fourmis. Je la décharge donc à la terre... C'est une présence vivante, divine, qui m'accompagne et m'aide à reprendre confiance en moi et en la Vie.

Si j’en ai l’opportunité, je participerai au Yagna 2011 pour continuer le travail. Je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin !!